Qualité de l’air

Pour se conformer à la directive 2008/50CE, l’Etat français a mis en place une organisation basée sur 28 Associations de Surveillance de la Qualité de l’Air. La zone de répartition de ces associations est régionale. Les anciennes 22 régions de métropole, auxquelles s’ajoutent 6 DOM-TOM, regroupées au sein d’une fédération, Atmo France. Le regroupement de ces AASQA au sein des 11 nouvelles régions est finalisé depuis décembre 2016.

Un cas pratique, la Région Normandie.

Le contrôle de la qualité de l’air est confié à Atmo Normandie, née de la fusion des deux associations régionales Air normand et Air COM depuis décembre 2016.

Elle revendique une quarantaine de stations, 42 exactement, moyenne d’âge de 17 ans. 12 stations dans l’ex Basse Normandie, 30 dans l’ex Haute Normandie dont 24 en Seine Maritime qui concentre à elle seule deux fois plus de stations que l’ensemble de l’ex Basse Normandie.

Implantation des stations dans le calvados

La région Normandie dispose donc de 42 stations pour surveiller 30 100Km².
Manche : 6 000km² - 3 stations - 500 000 hab - 2 000km²/station
Calvados : 5 500km² - 9 stations - 690 000 hab - 600km²/station
Orne : 6 100km² - 2 stations - 290 000 hab - 3 000km²/station
Seine Maritime : 6 300km² - 24 stations - 1 255 000 hab - 260km²/station
Eure : 6 000km² - 4 stations - 595 000 hab - 1 500km²/station

La région compte environ 3 000 communes, 2 885 avec les communes nouvelles.

Chaque station mesure en moyenne moins de 3 des 5 polluants concernés par la directive européenne.

Pour résumer, la région dispose d’une station de mesure par tranche de 3 000km² à 260km² selon le département, on peut comprendre le succès des stations individuelles de type Netatmo….

Comme on peut comprendre le doute de l’habitant de Sainte Croix Hague, à proximité de la cimenterie ou celui, bien légitime de l’habitant de Pontaubaut dans le sud Manche, qui se trouve à l’intersection de la plus forte concentration nationale d’élevages porcins (100 000) têtes, avicoles, ovins et de surcroît en zone d’élevage laitier à forte productivité. Ce citoyen-là aimerait sans doute un peu plus de précision sur l’origine de la valeur « BON », déterminée à partir de stations situées l’une à 70 kilomètres, l’autre à 150 km et se basant sur un inventaire des émissions établi il y a plus de 7 ans.

Comprenons également qu’il soit sensible au fait que l’élevage serait l’une des causes principales des problèmes environnementaux majeurs d’après un rapport de la FAO (Food and Agriculture Organization – Organisation des Nation Unies pour l’alimentation et l’agriculture) :

Les activités industrielles et agricoles conduisent à la libération de beaucoup d’autres substances dans l’atmosphère, dont beaucoup dégradent la qualité de l’air. Ces polluants sont notamment le monoxyde de carbone, les chlorofluorocarbures, l’ammoniac, les oxydes d’azote, le dioxyde de souffre et d’autres composés organiques volatiles.

En présence d’humidité atmosphérique et d’oxydants, le dioxyde de souffre et l’oxyde d’azote sont convertis en acide sulfurique et nitrique. Ces acides sont nocifs lorsqu’ils sont en suspension dans l’air pour les voies respiratoires.

La volatilisation de l’ammoniac (qui est nitrifié dans le sol après le dépôt) est la principale cause d’acidification des dépôts atmosphériques secs et humides. Il provient en grande partie des excréments du bétail.

Paradoxalement, les trois départements de l’ex Basse Normandie ne comptent à eux trois que 14 stations de mesure, Manche3, Calvados 9 et Orne 2. Encore plus paradoxal, sur ces 14 stations, une seule est de typologie « rurale ».

On devra également lui préciser que cet indice n’est qu’un indice IQA puisqu’il ne réside pas en agglomération de plus de 100 000 habitants, critère qui aurait alors permis de lui délivrer un indice ATMO.

On pourra aussi argumenter que cette valeur a été obtenue grâce au système de modélisation Esmeralda et que cet outil utilise les résultats du modèle national Prev’air (sous l’égide du Ministère en charge de l’Environnement, de l’INERIS, du CNRS, de Météo France et l’ADEME) pour estimer l’apport de pollution en provenance des autres régions.

On devra enfin mettre en valeur l’expertise, réelle, et la motivation indiscutable des AASQA membres de Air Normand.

N’empêche, 42 sites de mesure de 17 ans d’âge pour 30 000 km carrés, parfois distants de 80km les uns des autres, il trouvera que c’est peu.

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